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Samedi 7 juin 2008

 La Vish : « Tu me passerais pas de la crème dans le dos, les coups de soleil c’est l’enfer…»
Gros pouce : « Mouais, ils ont bon dos les coups de soleil, enfin vu qu’on n’a pas la télé, on n’a pas mieux à faire. Â»
La Vish : « Cool, môsieur est trop sympa ce soir. Â»
Gros pouce : « Bon n’y vois pas anguille sous roche, mais je m’assois sur tes fesses, ce sera plus pratique et plus confortable, enfin j’me comprends… Â».
Schdong !
La Vish : « Môsieur est vraiment trop chic. C’était quoi ce « schdong Â» ? Â».
Gros Pouce : « Euh merde… j’crois que c’était mon genou, j’peux plus déplier la jambe… Â».

Et à partir de là… en gros le voyage a pris un tour pas prévu du tout… on n’a pas idée à quel point un ménisque droit interne qui a fait sans broncher le Népal, l’Aconcagua et quelques autres randos bien dures avec un gros sac bien lourd, peut tout d’un coup décider de rendre l’âme, comme ça, l’air de rien, assis sur ses fesses sans effort.

Mais reprenons les épisodes précédents… la dernière fois nous étions au Laos à Luang Prabang et c’était en quelque sort un remake asiatique de « la Mélodie du bonheur Â». Pour nous le Laos n’aura été que douceur, gentillesse, nature sauvage et jolie ville pour finir à deux… à l’heure dans la région des 4.000 îles, même si on en n’a fait qu’une… cela a suffi à notre plénitude. En gros, durant ces quelques semaines, on a eu l’impression de toucher du doigt la sérénité asiatique.



Après une très belle rando dans le Nord à Phongsaly, la descente en pirogue de la rivière Nahmou, l’arrivée à Luang Prabang est magique. Bien sûr la ville est trop touristique, mais le cadre est si beau et l’atmosphère si paisible qu’on s’y est laissé vivre quelques jours dans une vieille maison coloniale au bord du Mékong.  Poursuite de la descente vers le Sud en évitant soigneusement Van Vieng, en fait regarder Friends et Docteur House sur écran géant dans des pubs anglais pour faux Routards, même au milieu d’une région superbe,ça ne nous bottait pas plus que ça… donc direct Vientiane, ses jolis temples, ses budha kitchs en béton… et ses boulangeries françaises hors de prix… mais Dieu que c’est bon un vrai croissant au beurre !!!

Quelques heures de bus en plus nous mènent à Paksé. Le bus de nuit c’est chouette et reposant surtout quand dans le bus il y a des vrais lits. Le tout c’est de savoir avant de choisir, que la place du fond même si c’est la plus large, n’est sans doute pas la plus intime, puisqu’il faut partager son lit avec 5 personnes. Après 9h d’un ronflement inconnu dans l’oreille et après avoir écrasé 4 fois notre voisin pour nous rendre aux commoditées, nous atteignons donc Paksé et son charme très intérieur… mais c’est le point de départ d’une tournée en mobylette chinoise incroyable sur le plateau des Bolovens. Piste rouge en boue fraîche pour tester nos compétences de pilotage et notre équilibre, eh oui la mousson commence à s’entraîner un peu chaque nuit…, des plantations de thé, de café, des cascades au kilo, du Lao Lao à la paille avec les locaux, des petites huttes à 2€ pour des nuits romantiques au doux chant des geckos… des vaches… des coqs… des chiens… enfin la solitude quoi !

Histoire de se refaire une santé, avant de filer sur Phnom Penh au Cambodge rejoindre Franck et Valentine, on s’arrête à Don Kone, petit havre de paix au beau milieu des 4.000 îles, cerné par les eaux marrons du Mékong, une moiteur écrasante qui nous force à multiplier les siestes sur le hamac, moins chaud que le lit.



 


Des vrais problèmes de riches donc. Là-dessus, comme ça nous manquait nous signons pour 11h de bus pour rejoindre Phnom Penh en une journée. Je vous passe le bus en retard et bondé qui nous emmène de nuit à Phnom Penh et a l’obligeance de nous déposer à une heure indue devant ce que nous appellerons un bar à filles minable (le bar, les filles on n’a pas poussé plus loin la relation). Et c’est là que nous nous retrouvons au début de cet article.

 Donc après avoir passé une nuit avec un genou à l’équerre, nous filons dès l’aube pour faire l’ouverture des urgences de l’hôpital Calmette, ça nous change des gares de bus, même si les brancards sont un peu rangés de la même façon dans le hall des urgences, l’accueil est tout simplement adorable. Après une radio qui ne sert à rien et un avis médical sympathique mais flou, le diagnostic est sans appel « Bon visiblement c’est coincé, un bout de ménisque qui traîne, si j’étais vous je rentrerais en France… ici on  a bien des orthopédistes mais on n’a pas le matériel. ». On a du mal à y croire… rentrer en France, le jour de l’arrivée de Franck et Valentine… c’est la déprime, la vraie tuile qui fout le bourdon, le coup de pas de bol improbable. Et puis on relativise, on regarde autour de nous dans la salle des urgences, bien sûr ce n’est pas la misère, mais on sent bien qu’avec notre assurance internationale on fait partie des privilégiés. Alors la décision est vite prise et tout s’enchaîne très vite. 2 jours après, on embrasse Franck et Valentine et l’ambulance passe nous prendre à la guest-house. Dans le quartier on se demande si un ambassadeur est mort, des ambulances il n’y en a jamais… en route vers l’aéroport, un chouille déprimés, nous doublons une mobylette. Comme d’habitude il y a 4 passagers, mais cette fois-ci la passagère arrière tient une perfusion à bout de bras.  Sur ses genoux sa fille de 7 ou 8 ans qui tient elle-même sa petite soeur perfusée. Devant le père aux commandes essaye d’éviter les nids de poule pour ramener tout le monde à la maison. Ils sont tous là pour nous rappeler à quel point nous avons de la chance, alors c’est décidé on arrête de se plaindre.

Le rapatriement en business et lounge Air France avec champagne à gogo, foie gras et tout le toutim, enfin surtout pour Gros pouce vu que La Vish en tant qu’accompagnante est en éco (faut pas déconner non plus qui c’est qui souffre ici ? Aïe… je peux ravoir un peu de foie gras s’il vous plaît madame l’hôtesse ?), tout ça est à des années lumières de notre quotidien. Arrivés en France, tout se passe très vite, en à peine plus d’une semaine, examen, opération bénigne mais indispensable qui aura au moins permis aux infirmières d'exploser de rire en voyant le bronzage de Gros Pouce et convalescence sont bouclées. Une semaine de repos en banlieue à voir nos familles et à nous injecter des rôtis de bÅ“uf en perfusion nous remet d’aplomb pour repartir de plus belle vers le Japon.

  Décollage pour Tokyo donc demain dimanche et retour final en France décalé au 19 juillet. Désolé de ne pas avoir profiter de l’escale pour venir tous vous embrasser, l’envie ne nous en a pas manqué, mais hors de question de vous revoir à moitié en béquilles et tout déconfis, on préfère vous retrouver en entier pour de vrai en pleine forme et tout bronzés pour Ãªtre crédibles au mois de juillet. Sur ce on vous souhaite à tous un maximum de chance et on vous prête quelques trèfles laotien, ils sont tous à 4 feuilles et au final ils nous ont bien aidé ! Et si les vacances sont encore trop loin, alors profitez de nos 2 nouveaux albums photos Laos et Thaïlande, bande de veinards va.

 

Gros, gros bisous à tous. A tout’.

 

Publié dans : Laos - Par Carine Vinesse et Tanguy Moillard
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On vous l'avait dit, pour finir a Bali,
c'est promis, on s'offre du luxe !

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