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Vendredi 18 juillet 2008



Dans le Foker 50 a helices qui ramene La Vish et Gros pouce a Denpasar, nous survolons les iles indonesiennes les unes apres les autres, comme autant de perles de beaute qu'Allah, Vishnu ou l’un des dieux veneres en Indonesie aurait egraine depuis le ciel comme une declaration d'amour a l'ocean. Les images du voyage defilent dans nos tetes au rythme de ce paysage que nous redecouvrons a l'envers, ile par ile. Pas besoin de vous mentir, on a eu du mal a trouver nos marques dans ce pays. Plus de 17.500 iles, alors quasiment au hasard on a choisi Bali l'hindoue, Lombok la musulmane et sur le tard, Flores la chretienne et sa voisine Komodo aux celebres dragons. On va pas vous la jouer ici tout est beau, parce qu'en fait on n'a pas tout aime, on a meme cru les premiers jours que la greffe ne prendrait pas. La peninsule Sud de Bali, sur-touristique et par trop betonnee sous l'ere Suarto ne donne a voir qu'un Bali artificiel difficile a decouvrir vraiment. On avait prevu d'y passer plusieurs jours de glande de niveau professionnel sous le falacieux pretexte de reposer le genou de Gros pouce, mais on n'a pas tenu et on a vite fuit vers le Nord.
Petit a petit, a l'approche d'Ubud, capitale culturelle de l'ile, on a senti le charme agir. Toujours trop de touristes et de produits de consommation, mais une ville charmante, des logements incroyables en pleine riziere, des spectacles de danse ennivrants, des theatres de marionnettes en ombre chinoise chiants comme la pluie mais d'une profonde beaute et tout simplement une douce serenite qui monte progressivement et vous enveloppe au rythme des musiques balinaises. Il en va de cette ile comme des bons crus, il faut les laisser s'ouvrir pour les apprecier pleinement. Comme souvent, c'est de nuit que les plus beaux reves vous surprennent et nos plus belles surprises en Indonesie furent toutes nocturnes, alors c'est celles-la que nous allons vous raconter.

Nuit 1 :



L'ascension du Mont Batur est de loin la plus facile de Bali, mais ce volcan de 1700 m de haut permet d’embrasser presque toute l’ile du regard, notamment son concurrent le Mont Agung a plus de 3.000 m et le lac Batur qui siege a son pied. Au pied du volcan, le guide local obligatoire nous associe a un couple de californiens de 50 ans, Hans et Bianca. En entendant leurs noms on ne peut s’empecher de se demander si Bernard s’est mis en ménage avec Gretel... mais une fois passe ce premier moment de mauvais esprit si francais, on se doit de laisser sa chance au produit… et l’on n’est pas decu… Après 15 minutes sur les 2 petites heures que compte cette ascension, Bianca ote ses chaussures et decide de continuer nus-pieds. Nous marchons en pleines scories, ces petits morceaux de lave sechee si coupant et La Vish s’enquerit aupres de Hans de cette decision improbable. Celui-ci nous repond de ne pas nous inquieter: “Elle fait toujours ca a la maison”, on lui demande betement “vous avez de la moquette ?” et il confirme… 10 minutes plus tard, Bianca, les pieds en sang remet ses baskets pendant que Hans se casse la gueule a chaque pas dans ses tongs de merde. Nous finirons donc la montee seuls avec nos batons de marche et fort detendus de tant de connerie reunie. Mais le spectacle en vaut la peine, le lever de soleil sompteux embrase d’abord la mer de nuages avant de caresser le Mont Agung et d’illuminer le lac. La magie opere enfin, on se sent bien a Bali.

Nuit 2 : 



Apres avoir visite Amed puis Padangbai a l’Est de Bali, nous passons sur l’ile de Lombok avant d’attaquer un programme de reconstruction physique a l’horizontal sur les plages de Gili Air. 3 jours de paresse totale sur une plage de reve, il nous fallait bien ca pour nous remettre de l’ascension du Mont Batur. Et puis apres tout, pour visiter un chapelet d’iles on n'a rien invente de mieux que les croisieres, alors comme le genou de Gros Pouce nous interdit l’ascension du Mont Rinjani a Lombok, nous optons pour une croisiere de 4 jours vers Flores avec escale sur de multiples iles et notamment celle de Komodo et de ses celebres Varans ou dragons. Le bateau sur lequel nous voguons n’a rien d’un voilier de plaisance au pont de teck et aux elegantes voiles blanches tranchant sur l’azur du ciel. Il tient plutot du bateau de peche reconverti en convoyeur a touristes et ca tombe bien, puisque c’est exactement ce qu’il est. Nous sommes 16 a bord : 6 anglais de 20 ans venus trainer leur nonchalante elegance au bout du monde, 2 suisses de 25 ans discretes, sans doute par respect du devoir de reserve helvetique, et 2 hollandaise a la cuisse legere et au cerveau peu encombrant : on voyage mieux leger c’est connu. Et puis il y a l’equipage : un capt’aine quadra au charme apaisant, 2 matelots adorables et ‘Dullah, guide, cuistot, blagueur, drole, efficace, sympa, une perle. Enfin, il y a nous, 2 trentenaires que vous connaissez bien, avec devant nous une derniere semaine de voyage et une furieuse envie d’en profiter avant de clore cette annee de reve. Va comprendre comment la magie opere dans un groupe aussi heterogene, mais elle est bien la et les 148 bieres achetees au port de depart de Labuhan Lombok y sont peut-etre pour quelque chose. Le soir, allonges sur le pont, le bateau semble glisser sur une mer d’un noir profond dans laquelle le plancton luminescent fait de son mieux pour concurrencer les etoiles pendant que les volcans se detachent de l’horizon sous la double lumiere projetee du soleil couchant et de la lune naissante. En gros, derriere cette phrase pompeuse, on cherchait a vous dire que c’etait splendide et que la beaute des paysages met souvent d’accord les ames les plus differentes. 4 jours de reve a snorkler, randonner sur les iles, courrir après les Dragons et rire et manger tant que possible.

Nuit 3 :

L’ambiance etait si bonne que nous avons decide avec 4 des anglais de continuer la visite de Flores ensemble. Une voiture, un guide, un chauffeur et nous 6, le tout dans un 4x4 flambant vieux aux pneux aussi lisses qu'une peau de bebe. La voiture avance dans le noir, sans finesse, le conducteur en est depourvu, et sur le bord de la route on devine quelques fantomes de la nuit drapes de la tete au pied dans leur Sarong tubulaire rentrant vers leurs villages apres une longue journee de sueur dans les rizieres. Au bout d'un chemin chaotique, la voiture s'arrete enfin. Nous descendons dans le noir complet et petit a petit nos yeux s'habituent pour decouvrir un paysage de riziere tout simplement magique. La recolte vient de s'achever, en lieu et place du riz il ne reste donc dans ces elegantes terrasses qui decoupent la vallee que des centaines de marres d'eau comme autant de miroirs dont le seul devoir semble etre de refleter la lune et les etoiles pour donner a la nuit une ambiance de fete. Nous tatonnons du pied dans les rizieres en tentant de ne pas glisser, mais c'est sans espoir et assez rapidement nous finissons tous les pieds dedans avec de la boue jusqu'aux genoux recreant malgre nous une autre version d'Hollywood boulevard avec nos corps en maillots de bains en impression integrale au lieu des mains de Tom Cruise ou de Tom Hanks. 10 minutes de crises de rire plus tard, nous atteignons l'objectif. Une source d'eau chaude volcanique remplit une piscine naturelle de 10 metres de diametre, juste assez pour nous offrir a tous les 6 un spa de reve le corps dans l'eau, la tete dans les etoiles. De cette soiree memorable, il ne nous reste que cette photo floue, un short irrecuperable et des souvenirs pour la vie.

Nuit 4 :

Revers de la medaille, pour reussir ce programme, il nous a fallu accepter une derniere journee de route de 14 heures ereintantes pour rejoindre Labuhan banjo, d'ou nous prenons notre vol de retour a Bali. La encore, la nuit est bien entamee et vers minuit, en regardant par la fenetre, La Vish et Gros Pouce voient voler une masse noire qui masque les etoiles l'espace d'un instant... "Bordel de merde, mais c'est mon sac !!! We lost a bag we lost a bag, stop the fucking car !!! ". 20 minutes plus tard, frontale sur la tete, nous retrouvons le sac a dos de Gros Pouce prenant son bain dans le canal d'irrigation d'une riziere... Apres un an sans soucis, nous avons failli le perdre a 24H du retour, faut-il y voir un signe, voulait-il poursuivre le voyage sans nous... difficile a dire, en tout cas une chose est sure, tout est trempe et on va encore faire 24H d'avion fringues comme des pouilleux parfumes a la boue, la classe, on vous le dit, la classe !!!

Et voila, nous sommes a Kuta Beach a 10mn de l'aeroport de Bali, dans 5H nous decollons pour la France via le Japon, on sait c'est con comme parcours, mais ca nous laissera le temps d'apprecier la programmation pourrie de Japan Airlines, de manger notre poids en riz... et de penser aux milliers de sentiments qui nous submergent... joie de vous revoir, impatience de tout vous raconter et de vous ecouter, et melancolie aussi. Cette annee qui s'acheve nous a bouleverses et peut-etre un peu changes aussi, en mieux on l'espere, mais tout ca fera l'objet d'un prochain article dans quelques jours, on a besoin de digerer un peu tout ca.  En tout cas, une chose est sure, on est bigrement contents de vous revoir, il y aura des larmes et des rires c'est sur, mais preparez-vous, on arrive !!!





   

Publié dans : Indonesie - Par Carine Vinesse et Tanguy Moillard
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Mercredi 9 juillet 2008




Il s'appelle Anton et il a 22 ans. Il est marchand de bracelets en noix de coco sur la plage de Sengigi a Lombok et chaque jour il fait le trajet depuis Mataram ou il habite avec son frere en mobylette. Lorsqu'il sourit on decouvre vite les dents du bonheur, assez de place pour y passer un doigt. Depuis 2 jours, on le croise de plage en plage, au milieu de dizaines d'autres vendeurs au double-prenom : un catholique pour les touristes facon Jo, Johnny et autre Antoine et un 2eme, avoue quelques minutes plus tard si la conversation se prolonge, souvent Mohammed ou Hassan, Lombok est une ile musulmane on l'oublie trop souvent. Ses collegues de travail auront tente un bon millier de fois de nous vendre des lunettes Ray bun ou Gucco, des DVD plus pirates que Pirates des Caraibes, des masques, des montres Chanul, des ouvres-bouteilles en forme de penis d'une rare delicatesse, ou quelques sarongs taille unique pour emballer au choix un corps de touriste ou une voiture volee.

Comme tous ses amis, il aime la mer et le surf. La plage nous dit-il, c'est son ecole. Ses professeurs d'anglais ? Les touristes qu'il harcele quotidiennement ou avec lesquels il sympatise selon son humeur du jour. Nous, il nous aime bien. On lui a souri la premiere fois et on lui a dit Teri Makasi, merci en indonesien ce qui a suffi a nous elever au rang de touristes sympas. Alors chaque jour il essaye de nous vendre un truc, mais il se lasse avant nous pour bien vite parler d'autres choses. De la beaute de son ile, de la difficulte d'y vivre, d'y trouver un travail decent. Courir apres les touristes pour financer ne serait-ce que l'essence pour rentrer a la maison ou le repas du soir. Quand il n'y a pas assez de clients ? Il dort sur la plage, ou dans les echoppes des collegues qui ont la chance d'en avoir une au marche artisanal. Le paradis aussi a ses gardiens de plage semble-t-il et si Aznavour chantait qu'on est moins malheureux au soleil, on n'en est pas pour autant heureux. Alors ils y vont tous de leur technique, harcelement, faux pleurs... tout a l'heure, ils etaient 5 autour de nous et l'un d'eux nous expliquait qu'il n'avait pas gagne assez pour payer son retour, les autres ont alors explose de rire en lui demandant s'il allait bientot nous faire pleurer en nous parlant de son pere et de sa mere  disparues. Il a eclate de rire a son tour et pourtant il n'avait pas besoin, tombe d'un cocotier tout jeune comme Keith Richards tout vieux, il a eu moins de chance et vit depuis avec la moitie des muscles atrophies. Qu'importe, ils en bavent tous mais ils ne perdront leur joie de vivre a aucun prix. Derriere ses vendeurs aussi emmerdants soient-ils, on a pris une fois encore une belle lecon de vie, c'est peut-etre ca le paradis des iles.

 

Publié dans : Indonesie - Par Carine Vinesse et Tanguy Moillard
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Lundi 23 juin 2008

Oh la, oh la, oh la on se calme, on vous arrete tout de suite ! Vous croyez qu'on ne vous a pas vu venir avec votre petit sourire en coin... Ca y est il suffit de dire plaisir et Japon dans le meme titre et tout le monde est parti surl e Kamasutra et encore on ne vous a pas parle des estampes japonaises... Au risque de vous decevoir, il n'y aura donc pas de sexe, ou si peu, dans cet article. On a beau y reflechir dans tous les sens, on aime tellement ce pays, il y a tellement de choses, de sensations, d'impressions, de plaisirs a vous raconter qu'on n'arrive pas a trouver un fil conducteur. Alors vous nous pardonnerez cet article un peu fourre-tout, mais on n'a pas trouve mieux que l'abcdaire pour vous en dire le plus possible sur ce pays avec le moins de mots possible. En bref, on va essayer de vous decrire l'incroyable richesse japonaise avec ses armes les plus connues, la purete esthetique zen et la lame tranchante du sabre du samourai... Allez une petite visite chez nous dans notre Ryokan et on vous raconte tout !!!



A : Comme Aligato gozaimas, ou le merci beaucoup japonais. Ici c'est simple tout le monde vous dit merci tout le temps, vous ne derangez jamais, on vous remercie de poser des questions et meme on s'excuse de ne pas y repondre correctement... le mieux c'est a la caisse du supermarche, c'est a celui qui dira le dernier merci. On vous remercie d'avoir achete, alors vous remerciez pour le service, du coup on vous remercie d'avoir remercie et on peut facilement y passer la nuit si l'on ne s'arrete pas. Donc 1ere lecon, toujours laisser a l'autre la plus grande politesse.

B : Comme buddha bien sur, revisite sauce nippone, les yeux plus brides et un peu amaigri, sans doute les sushis en lieu et place du cheese nahn et du curry de poulet ont-ils permis aux japonais de s'approprier si bien buddha et de l'adapter a leur culture tout en le melangeant a leurs traditions. On garde une preference emue pour les representations incroyablement riches des temples Jain en Inde, mais un temple multi-centenaire de 25m de haut tout en cypres brut a Kyoto ou a Nara vous laissera un souvenir imperissable.
B comme bonzai aussi evidemment mais ca vous connaissez deja, les notres font pale figure a cote meme arroses avec amour avec de l'eau d'Evian au bout d'un an ils ont au mieux l'air d'une branche morte, au pire d'un pot vide, ici ils font 1m de haut et depassent tranquillement les 40 ans...
B, enfin comme branchitude ou bars branches. Tokyo comme Kyoto fourmillent d'endroits cosy pour boire un verre ou deguster la cuisine du monde entier avec une preference ca nous arrange... pour la cuisine fine japonaise, italienne et bien sur... francaise !!! Et oui on les a eu notre ratatouille et nos pates au gorgonzola !!

C : Comme chien-chien a sa memere branchouille. Ici, faute de place, on aime le petit. Le petit sac, les petites jupes et... les petits chien-chiens a leurs memeres, habilles comme leurs memeres d'ailleurs, qu'on promene en poussette ou dans un sac Vuitton pour proteger les coussinets de ces duchesses a poils longs et pates courtes tout en exhibant son bon gout.

D : Comme dormir. Et oui, au moins un poncif verifie lors de ce voyage, les japonais dorment partout. Bien que leur rythme de vie ne soit pas si eloigne du notre, ils abusent clairement moins des RTT et des vacances. Alors, chaque minute est bonne pour recuperer. Bus, metro, bateau, musee, toilettes, resto, partout vous trouverez des gens endormis ou sur le point de l'etre. Et puis D comme les daims en liberte de la ville de Nara si amicaux...

E : Comme Elvis, comme ces dizaines de sosies d'Elvis croises dans le parc de Shibuya a Tokyo, vestige d'un autre temps, hommage a une autre culture, symbole d'une revolution Rock n'Roll venue d'ailleurs, dans ce pays qui semble attendre la sienne, mais nous y reviendrons.

F : Comme le futon qui nous pete le  f..., le dos donc depuis une semaine dans notre ryokan de reve a Kyoto. En gros, vous prenez un tatami en paille fourre au plomb, dessus vous depliez l'equivalent d'un t-shirt fourre de Kleenex et pour finir un oreiller rempli de grains de ble et vous avez le secret du reveil matinal du pays du soleil levant : pour se lever tot ils ont invente le seul lit ou l'on ne peut pas dormir plus de 4 heures sans avoir l'impression de s'etre fait tabasser par un ours...

G : Comme  les Geishas que nous avons a peine appercues dans le quartier Guion a Kyoto, il faut dire peu de gens vont voir les Geishas en couple... alors nous prefererons le G de gentillesse, pour la gentillesse incroyable dont on fait preuve l'absolu integralite des japonais que nous avons eu la chance de croiser pendant ce sejour. Envie de faire decouvrir, d'aider, de partager comme pour s'excuser de la complexite d'un monde ou tout semble different du notre. Cela vient-il de bouddha ou de Confucius, nous ne le saurons jamais, mais le resultat est la, ici la gentillesse est de mise, surtout dans les restos, la preuve en image :




H : Comme Hotel Hyatt, honte, humour ou humiliation, un peu des 4 sans doute. En resume, Mickey, un de nos amis riches que nous ne frequentons que par interet, nous avait offert a distance une coupe de champagne a deguster au bar du dernier etage de l'Hotel Hyatt Regency de Tokyo, imaginez l'aubaine pour nous qui ne buvons que des bieres achetees au supermarche. C'est donc avec notre fraicheur habituelle que nous nous sommes rendus a cet hotel apres avoir compris que ce n'etait ni le Park Hyatt, ni le Roger Hyatt... bien sur dans notre tenue habituelle de routards donc pour La Vish, pantalon ali papa tache depuis l'Inde, chaussures Crocs turquoise monstrueuses des l'achat, top turquoise tout coton tellement elime derriere qu'on dirait un dos nu... et pour Gros pouce short verdatre decolore jaune on ne sait trop pourquoi aux genoux et pire a l'entre-jambe, t-shirt informe et nus pieds allemands post guerre froide legendaires. Une fois arrives au 42eme etage, nous passons par un sas, l'antichambre du luxe dans lequel on nous observe avec gentillesse, on nous informe que le bar recherche est au 52eme etage, que nous y sommes les bienvenus mais qu'il faudra nous adapter au dress-code... deja prets a repartir un chouille deconfis et sensiblement humilies par cette deconvenue pourtant evidente, l'hotesse nous arrete et nous propose tout simplement de nous preter des vetements... la honte internationale, mais comment dire non a tant de gentillesse ? Nous montons donc au 52eme etage ou l'on nous met dans un coin noir de l'accueil le temps de nous trouver des vetements. Pour La Vish c'est vite fait, une paire de chaussures en cuir noir nu pied semblent suffire a lui permettre d'acceder au St Graal, mais pour Gros Pouce, c'est un peu comme dans My Fair Lady, il y a tout a revoir... On lui apporte donc gentilment une paire de chaussures de soiree ainsi qu'un pantalon de costume... qu'il file enfiler aux toilettex avant de revenir tout penaud n'ayant pas pu y introduire plus d'une jambe... c'est mince un japonais on n'a pas idee... apres avoir sans doute deshabille le Gros de service, on prete donc a nouveau son pantalon a Gros Pouce qui en cessant de respirer pendant 2 a 3 minutes parvient a l'enfiler... mais pas le fermer !!! Qu'importe on froisse un peu le t-shirt informe par dessus la ceinture, le bar est sombre ca fera bien l'affaire, mais 2 humiliations suffisent, on ne saurait survivre a une 3eme... d'autant que les chaussures sont enfilees sans chaussettes facon Gainsbourg (bon courage au gros qui nous les a pretees pour les remettre et que le short de Gros Pouce retire dans les toilettes a failli finir au fond des memes toilettes vu que tout etant automatique dans ce pays la lunette s'est ouverte toute seule au moment ou Gros Pouce posait son short dessus... Enfin bon on a quand meme fini par boire cette coupe de champagne brut rose Taittinger s'il vous plait, dans un cadre de reve en ecoutant du jazz divin... on a meme repris une 2eme coupe pour faire plus classe... on t'enverra la note Mickey, promis !

I : Comme Indiana Jones le seul film qu'on a vu au cinoch ici au 4eme etage d'un complexe enorme, car ici il y a autant de choses a faire au sol que sous terre ou dans les etages.

J : Comme le jetlag qui assomme tous les visiteurs de ce pays. On se moquait des japonais endormis, mais les touristes c'est encore plus drole, ecrases dans les parcs, dans les toilettes des musees, la grande classe !

K : Comme Kimono, La Vish s'en est offert un d`occase, elle promet de vous montrer. C'est d'une classe folle toutes ces femmes et ces hommes en tenue tradi dans la rue et les restaurants et nous la classe on sait apprecier...

L : comme lookes a mort. Et oui tous les Soho du monde n'arrivent pas a la cheville des Shibouyettes de Tokyo quand il s'agit de se fringuer chic ou delire, ici la rue defile plus qu'elle ne marche, un defile accessible a tous ou le plus chic des accessoires est si commun que tout le monde finit par se sentir a sa place. C'est peut etre ca le vrai luxe.

M : Comme Microcar, carrees et minuscules on les adore, mais pourquoi on n'en a pas plus a Paris ?? Il faudra en parler aux Bobos.

N : Comme "Non meci pas de poulpe". Parce que OK tout est bon dans le sushi mais faut pas deconner non plus.

O : Comme dans On reviendra... forcement parce qu'on a adore et qu'il reste tant de choses a voir ici comme la mer, la montagne et les campagnes.

P : Comme dans qu'est ce qui pue comme ca, mais c'est les pompes de Gros Pouce... qui s'excuse officiellement aupres de ses voisins nippons du cinema qui cherchent encore un rat mort sous leur fauteuil... promis on les jette en rentrant... P comme dans pensions, de nombreux japonais ont choisi de ne plus payer leur cotisation aux retraites ici pour la financer eux-memes, ils jugent le gouvernement trop corrompu pour lui confier leur avenir... alors une 1ere revolution a venir dans ce pays a l'apparence si lisse et si soumise ??

Q : Comme dans qu'est ce que c'est intime un Ryokan avec des murs en papier de riz...

R : Comme dans Ryokan justement... et la on a fait plus tradi que le tradi, on a fait le Ryokan des vrais gens. Et les vrais gens ils sont comme vous et moi ils ont leur gout, bon ou mauvais, notamment pour le papier peint... ah il est loin le temps des Ryokan aux murs blanc et epures... on vous laisse juger ...




S : Comme dans Sushi on adore on vous l'a dit, Shibuya la branchee, Starbuck partenaire officiel de nos petits dejeuners et Sake on en boit un ce soir a votre sante !!

T : Comme dans Tokyo le choc des titans apres Paris, New York, Hong Kong et Dehli !! Une ville qui restera chere a notre coeur pour longtemps.

U : Comme dans UV parce que c'est fini le mythe de la peau pale facon Marie Antoinette poudree, le jeune nippon il veut des couleurs alors entre 2H d'internet il change de cabine pour se faire bronzer !!

V : Comme dans Velo car on en a vu plus ici qu'a Amsterdam, on a l'air de quoi nous avec notre Velib...

W : Comme dans Western style a toujours privilegier quant on choisit ses toilettes... et comme dans Wasabi parce que ca donne du gout a la vie.

X : Comme dans jambes en X et oui d'apres les nippons, les filles on les jambes en X a cause du port du kimono serre qui impose une marche croisee et d'une mannequin locale anorexique qui aurait lance ce style... legende ???

Y : Comme dans Yen, si effrayant mais pas si cher grace a nos gros Euros et on ne le repetera jamais assez, si le Japon est un pays cher il l'est souvent bien moins que Paris, 30 Euros la nuit, 10 Euros le resto qui dit mieux ??

Z : Comme dans Zen, car meme si les parkings en gravier et cailloux des jardins zen n'ont que peu emus notre cortex, ce pays par contre vous apportera sans nulle doute une grande serenite, la joie de vivre tout simplement.

Il faudrait bien plus que 27 lettres pour decrire un tel pays, c'est sans doute pourquoi l'alphabet japonais est si riche, mais on espere vous avoir donne envie ne serait-ce que de vous interesser un peu a ce pays que nous avons tant aime.

Demain decollage pour Bali depuis Osaka, on vous embrasse une derniere fois gout sushi mais sans Wasabi, on est deja assez emus comme ca.

La Redaction.

Publié dans : Japon - Par Carine Vinesse et Tanguy Moillard
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Jeudi 19 juin 2008

On y est !!! Bouddha sait qu'on l'attendait ce pays... deja rate il y a 4 ans lors du 1er petage de genou de Gros pouce 4 jours avant de prendre l'avion pour un deplacement pro, on commencait a l'avoir mauvaise. On a allume des cierges et fait brule tant d'encens que Bessancourt, St siege parental de la famille Moillard qui nous a heberge pendant cette "escale technique" pourrait passer pour une capitale boudhique... et ca y est, on y est... enfin...




Mais apres tout qu'est ce qu'on en sait de ce pays ? Voyons voir dans le desordre : le pays du Soleil Levant, le dragon asiatique, sa frenesie de travail, la patrie de l'emploi a vie et de la performance economique, ses morts par epuisement au boulot, un respect teinte de froideur, les cerisiers en fleur, Memoire d'une Geisha, les yakusas, les triades, quelques mangas lus ou vus au cinema ici et la, la musique de la pub Obao qui nous rend dingue depuis nos 6 ans et demi... quelques films de Takeshi Beat Kitano, un ou deux Kurasawa devant lesquels on s'est endormi en se promettant de les revoir, un polar historique de Mo Hayder nomme Tokyo, un autre de David Peace nomme Tokyo year Zero, un passe glorieux, un debut de 20eme siecle catastrophique, Hiroshima, Nagazaki, des villes qui disparaissent de la carte pendant qu'un empereur ex-dieu vivant se transforme en une sorte de reine d'Angleterre dechue,  bon en synthese on ne sait que dalle, on vit sur un mythe depuis toujours. Alors 60 ans plus tard c'est quoi le Japon ? 
Le Japon, on ne pourra pas vous l'expliquer dans ce petit article, mais en tout cas on va essayer de vous donner envie d'y aller, parce que pour nous c'est une bouffee de fraicheur aux amphetamines, comme un bonbon Fisherman's friend menthe poivree et puis comme Chouchou, nous on adooooore les sushis !!
 



P6111406
envoyé par tanguyrama

Arrives frais comme la rose apres 13h de vol sur Japan Airlines via Tokyo Narita, un aeroport, trop grand, trop beau, trop propre, le pied... A notre grande surprise, en 10 minutes, on sait quel train prendre, combien ca coute et comment se rendre a l'hotel de djeune's pas cher que nous avons reserve via internet grace a notre ami Kenjiro rencontre sur l'ile de Paques un 1er janvier devant les Moais a 6h du matin, ca ne s'invente pas... Arrives a la Tokyo station, on fait deja vachement moins les malins, la c'est simple, on n'y comprend rien, les panneaux sont tous en japonais... sans traduction... accroches a un plan de quartier, l'air hagard sous une pluie franchement naissante, on est quand meme vachement contents d'etre la... et ca doit se voir ! Un Tokyoite s'approche de nous gentiment, regarde le papier sur lequel nous avons griffonne l'adresse de l'hotel puis nous dit en anglais : "A Tokyo, les petites rues n'ont pas de noms, parfois les grandes non plus, c'est comme ca depuis toujours et puis la serie de chiffres la c'est le bloc, le numero de quartier et celui de la maison, ceci dit sauf a habiter la, personne ne sait ce que ca veut dire. Mais c'est pas grave, on va trouver". Et la il nous emmene pour une balade de 15mn a pied, sous la pluie en costard avec son plan a la main et en demandant son chemin ou plutot le notre, tous les 100 metres. Je sais c'est facile de tirer sur la mauvaise humeur des parisiens, mais osez nous dire qu'un touriste Tokyoite a Paris aurait pu vivre la meme scene ??? Meme en faisant 1m80 avec une toute petite jupe, il ne serait jamais sorti de la Gare du Nord on est d'accord... Livres a domicile comme des Rabbit pizza, notre livreur nous remet sa carte a 2 mains, en s'inclinant comme il se doit et repart sous la pluie apres nous avoir souhaite un excellent sejour au Japon. La classe on a rien a dire, plus qu'a profiter.
L'hotel est parfait, tout neuf, bordelique a souhait, tellement neuf d'ailleurs qu'il n'est pas completement ouvert, 1 etage sur 5 seulement. La chambre fait un gros 8 m carres, on sent qu'on va etre bien la dedans ! 1ere surprise dans ce quartier Nord de Tokyo, Nippori, il n'y a pas un bruit, chaque mini-espace libre de ces micros rues est jardine, hortensia, gazon, marguerite, peu importe, un espace vide, c'est un espace vert. Le rapport des japonais a la nature est tres profond. Bien sur on peut en rire dans ces espaces urbains surpeuples et surconstruits. C'est vrai, ici la nature est avant tout domestiquee et soignee comme un etalon pur sang, alors on peut preferer les chevaux sauvages aux chevaux de paddocks, il n'empeche, l'amour de la nature et de la Terre nourriciere sont bien la.



Le soir meme, a 19h30 petantes, notre ami Kenjiro nous rejoint, facile a reconnaitre, on dirait qu'il sort de Hero et d'ailleurs c'est un peu le notre : il est sous l'eau toute la semaine, mais honneur de japonais oblige, il nous emmene diner pour nous briefer sur sa ville et rendez-vous est pris vendredi soir pour remettre ca, avant une visite du marche aux poissons le plus grand du monde a 6H du matin. 

Marche aux poissons de Tokyo
envoyé par tanguyrama

Et c'est parti pour une semaine de visite, la carte a la main et les mirettes grandes ouvertes, car il y a tout a voir, le simple spectacle des gens dans la rue est incroyable, tant de looks, de codes, d'attitudes differentes, c'est le pays le plus moderne que l'on ait visite et bizarrement c'est presque le plus exotique. C'est simple tout est different. Et pourtant le mythe de la complexite et de la ville inaccessible tombe peu a peu. D'abord, en cherchant bien, une grande partie des panneaux est traduite en anglais, ensuite des que l'on est paume, il y a toujours quelqu'un pour vous renseigner : agent de Metro, office du tourisme, commercants, ou simple passant. Nous voyant perdus dans la rue penches sur notre carte, plusieurs fois des velos se sont arretes pour faire demi-tour et nous proposer spontanement leur aide, une fois encore la classe ces japonais.
Autre mythe qui s'ecroule : non le japonais ne fait pas que travailler. C'est vrai on les croise ces salary men epuises qui s'endorment un peu partout, metro, resto, bus avant de se saouler le soir dans les bars de Kabukicho, mais on croise egalement partout et a toute heure des gens qui flanent, visitent, font du shopping s'amusent, enfin en gros vivent comme chez nous quoi, les RTT (et les vacances...) en moins. A 16H les metros sont deja plein de gens qui sortent du boulot, il y a donc aussi une vie normale au Japon.



Puisqu'on en est a demonter des mythes a 2 Euros, il y en a un qui vous taraude tous : est-ce vrai que les japonais sont moches et que les japonaises ont des dents en ouvre-bouteille ??? Et la au desespoir de la Vish, la reponse est : "pas tous pour les 1ers et surtout pas toutes pour les 2emes, au contraire, la traversse de Tokyo tient parfois du defile de mode sexy !!!" En fait les seuls vrais thons que nous avons croises sont ceux du marche aux poissons de Tokyo, tout simplement le plus grand du monde. Cest vrai , la mode et les codes vestimentaires sont ici un vrai culte, en fait on enchaine les uniformes. La semaine et au boulot, costume noir, cravate sombre et chemise blanche de rigueur pour les hommes, tailleur gris et chemisier pour les filles, c'est d'un ennui mortel on se croirait dans "Bienvenue a Gattaca". Pour les etudiants, uniforme de marins ou de barbie anglaise ou la personnalite s'exprime en general dans le choix de la marque de chaussettes... amusant mais peu varie. 

Et puis vient le soir ou le week-end et la c'est le grand lachage creatif. La encore des codes et des tribus, mais quel bonheur de croiser en 5 minutes dans le parc de Shibuya, 25 sosies d'Elvis, 18 Scarlett O'hara toutes de soie vetues, 12 princesses heritieres de Marie-Antoinette aux joues enfarinees de poudre de riz et un grand fourre-tout de Punks, hardrockers, sexy nymphettes a mini-chienchien en mini-jupette (les chiens comme leurs maitresses...), on en passe et des meilleures !!



Cote visite, on n'est pas en reste, 2 ou 3 musees nous ont permis de voir quelques peintures de nos chers villages d'Ile de France, Argenteuil sous la neige, l'Eglise d'Auvers ou encore des Tournesols en nature morte par des artistes debutants tels que VanGogh, Manet, Monet, Gauguin... 2 ou 3 autres des milliers d'annees d'art asiatique de haut niveau, sculpture boudhique, peinture a l'encre, kimonos anciens. Quant a Kyoto et Nara, leurs temples sont aussi nombreux que les paves de la place du Tertre, c'est d'une richesse folle. 

Enfin, vous l'aurez compris, on est seduit et meme conquis, il nous faudra revenir un jour c'est sur, pour sortir des grandes villes et partir decouvrir le Japon profond, mais pas si vite, il nous reste encore 4 jours et beaucoup de sushis a avaler avant que l'aventure ne se termine. Bon allez d'ailleurs il faut qu'on y aille, on a repere un petit rade local bien branchouille au bord du canal et comme on ne comprend rien a la carte, si on veut manger pour 22H il faut qu'on s'y colle des maintenant !

Allez, on vous laisse, bisous gout sushi avec une pointe de wasabi pour l'emotion. La redaction. 




     

Publié dans : Japon - Par Carine Vinesse et Tanguy Moillard
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Samedi 7 juin 2008

 La Vish : « Tu me passerais pas de la crème dans le dos, les coups de soleil c’est l’enfer…»
Gros pouce : « Mouais, ils ont bon dos les coups de soleil, enfin vu qu’on n’a pas la télé, on n’a pas mieux à faire. »
La Vish : « Cool, môsieur est trop sympa ce soir. »
Gros pouce : « Bon n’y vois pas anguille sous roche, mais je m’assois sur tes fesses, ce sera plus pratique et plus confortable, enfin j’me comprends… ».
Schdong !
La Vish : « Môsieur est vraiment trop chic. C’était quoi ce « schdong » ? ».
Gros Pouce : « Euh merde… j’crois que c’était mon genou, j’peux plus déplier la jambe… ».

Et à partir de là… en gros le voyage a pris un tour pas prévu du tout… on n’a pas idée à quel point un ménisque droit interne qui a fait sans broncher le Népal, l’Aconcagua et quelques autres randos bien dures avec un gros sac bien lourd, peut tout d’un coup décider de rendre l’âme, comme ça, l’air de rien, assis sur ses fesses sans effort.

Mais reprenons les épisodes précédents… la dernière fois nous étions au Laos à Luang Prabang et c’était en quelque sort un remake asiatique de « la Mélodie du bonheur ». Pour nous le Laos n’aura été que douceur, gentillesse, nature sauvage et jolie ville pour finir à deux… à l’heure dans la région des 4.000 îles, même si on en n’a fait qu’une… cela a suffi à notre plénitude. En gros, durant ces quelques semaines, on a eu l’impression de toucher du doigt la sérénité asiatique.



Après une très belle rando dans le Nord à Phongsaly, la descente en pirogue de la rivière Nahmou, l’arrivée à Luang Prabang est magique. Bien sûr la ville est trop touristique, mais le cadre est si beau et l’atmosphère si paisible qu’on s’y est laissé vivre quelques jours dans une vieille maison coloniale au bord du Mékong.  Poursuite de la descente vers le Sud en évitant soigneusement Van Vieng, en fait regarder Friends et Docteur House sur écran géant dans des pubs anglais pour faux Routards, même au milieu d’une région superbe,ça ne nous bottait pas plus que ça… donc direct Vientiane, ses jolis temples, ses budha kitchs en béton… et ses boulangeries françaises hors de prix… mais Dieu que c’est bon un vrai croissant au beurre !!!

Quelques heures de bus en plus nous mènent à Paksé. Le bus de nuit c’est chouette et reposant surtout quand dans le bus il y a des vrais lits. Le tout c’est de savoir avant de choisir, que la place du fond même si c’est la plus large, n’est sans doute pas la plus intime, puisqu’il faut partager son lit avec 5 personnes. Après 9h d’un ronflement inconnu dans l’oreille et après avoir écrasé 4 fois notre voisin pour nous rendre aux commoditées, nous atteignons donc Paksé et son charme très intérieur… mais c’est le point de départ d’une tournée en mobylette chinoise incroyable sur le plateau des Bolovens. Piste rouge en boue fraîche pour tester nos compétences de pilotage et notre équilibre, eh oui la mousson commence à s’entraîner un peu chaque nuit…, des plantations de thé, de café, des cascades au kilo, du Lao Lao à la paille avec les locaux, des petites huttes à 2€ pour des nuits romantiques au doux chant des geckos… des vaches… des coqs… des chiens… enfin la solitude quoi !

Histoire de se refaire une santé, avant de filer sur Phnom Penh au Cambodge rejoindre Franck et Valentine, on s’arrête à Don Kone, petit havre de paix au beau milieu des 4.000 îles, cerné par les eaux marrons du Mékong, une moiteur écrasante qui nous force à multiplier les siestes sur le hamac, moins chaud que le lit.



 


Des vrais problèmes de riches donc. Là-dessus, comme ça nous manquait nous signons pour 11h de bus pour rejoindre Phnom Penh en une journée. Je vous passe le bus en retard et bondé qui nous emmène de nuit à Phnom Penh et a l’obligeance de nous déposer à une heure indue devant ce que nous appellerons un bar à filles minable (le bar, les filles on n’a pas poussé plus loin la relation). Et c’est là que nous nous retrouvons au début de cet article.

 Donc après avoir passé une nuit avec un genou à l’équerre, nous filons dès l’aube pour faire l’ouverture des urgences de l’hôpital Calmette, ça nous change des gares de bus, même si les brancards sont un peu rangés de la même façon dans le hall des urgences, l’accueil est tout simplement adorable. Après une radio qui ne sert à rien et un avis médical sympathique mais flou, le diagnostic est sans appel « Bon visiblement c’est coincé, un bout de ménisque qui traîne, si j’étais vous je rentrerais en France… ici on  a bien des orthopédistes mais on n’a pas le matériel. ». On a du mal à y croire… rentrer en France, le jour de l’arrivée de Franck et Valentine… c’est la déprime, la vraie tuile qui fout le bourdon, le coup de pas de bol improbable. Et puis on relativise, on regarde autour de nous dans la salle des urgences, bien sûr ce n’est pas la misère, mais on sent bien qu’avec notre assurance internationale on fait partie des privilégiés. Alors la décision est vite prise et tout s’enchaîne très vite. 2 jours après, on embrasse Franck et Valentine et l’ambulance passe nous prendre à la guest-house. Dans le quartier on se demande si un ambassadeur est mort, des ambulances il n’y en a jamais… en route vers l’aéroport, un chouille déprimés, nous doublons une mobylette. Comme d’habitude il y a 4 passagers, mais cette fois-ci la passagère arrière tient une perfusion à bout de bras.  Sur ses genoux sa fille de 7 ou 8 ans qui tient elle-même sa petite soeur perfusée. Devant le père aux commandes essaye d’éviter les nids de poule pour ramener tout le monde à la maison. Ils sont tous là pour nous rappeler à quel point nous avons de la chance, alors c’est décidé on arrête de se plaindre.

Le rapatriement en business et lounge Air France avec champagne à gogo, foie gras et tout le toutim, enfin surtout pour Gros pouce vu que La Vish en tant qu’accompagnante est en éco (faut pas déconner non plus qui c’est qui souffre ici ? Aïe… je peux ravoir un peu de foie gras s’il vous plaît madame l’hôtesse ?), tout ça est à des années lumières de notre quotidien. Arrivés en France, tout se passe très vite, en à peine plus d’une semaine, examen, opération bénigne mais indispensable qui aura au moins permis aux infirmières d'exploser de rire en voyant le bronzage de Gros Pouce et convalescence sont bouclées. Une semaine de repos en banlieue à voir nos familles et à nous injecter des rôtis de bœuf en perfusion nous remet d’aplomb pour repartir de plus belle vers le Japon.

  Décollage pour Tokyo donc demain dimanche et retour final en France décalé au 19 juillet. Désolé de ne pas avoir profiter de l’escale pour venir tous vous embrasser, l’envie ne nous en a pas manqué, mais hors de question de vous revoir à moitié en béquilles et tout déconfis, on préfère vous retrouver en entier pour de vrai en pleine forme et tout bronzés pour être crédibles au mois de juillet. Sur ce on vous souhaite à tous un maximum de chance et on vous prête quelques trèfles laotien, ils sont tous à 4 feuilles et au final ils nous ont bien aidé ! Et si les vacances sont encore trop loin, alors profitez de nos 2 nouveaux albums photos Laos et Thaïlande, bande de veinards va.

 

Gros, gros bisous à tous. A tout’.

 

Publié dans : Laos - Par Carine Vinesse et Tanguy Moillard
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On vous l'avait dit, pour finir a Bali,
c'est promis, on s'offre du luxe !

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